On estime que 55,000 canadiens sont atteints d'un cancer du cerveau et qu'approximativement 10,000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Même si le perfectionnement des thérapies anti-cancéreuses a permis de prolonger la vie de nombreuses personnes, le ciblage moléculaire et les modèles de recherches actuels demeurent inadéquats.
Plusieurs études récentes ont démontré que, loin de former une masse homogène de cellules proliférant rapidement, les cellules tumorales sont hétérogènes de par leur prolifération et différenciation. Une sous population de ces cellules présente des caractéristiques de cellules souches normales, telles que la capacité à se régénérer et à se différencier en cellules tumorales. Ces cellules souches cancéreuses (CSCs) sont souvent relativement quiescentes et ne sont donc pas vraiment affectées par les thérapies ciblant les cellules se divisant rapidement. De plus, la surexpression de transporteurs expulsant les agents antitumoraux hors des cellules contribue aussi à la résistance à la chimiothérapie conventionnelle et à l'irradiation de ces cellules. Il devient donc impératif de développer et de valider les modèles permettant de bien étudier la contribution des CSCs dans le développement tumoral.
Récemment, CD133 ou Prominine-1, une glycoprotéine transmembranaire, a été identifiée comme un marqueur des CSCs. À la lumière de cette observation, les chercheurs entreprennent désormais de caractériser ces CSCs CD133(+). Dans ce dessein, 2 stratégies d'implantation expérimentales des cellules tumorales cérébrales sont présentement étudiées : l'une sous-cutanée et l'autre intracrânienne. De façon remarquable, l'expression des CSCs CD133(+) ne survient que dans l'environnement cérébral d'origine où la tumeur se développe [1]. De plus, l'isolement des CSCs d'échantillons de tumeurs cérébrales solides par MACS, un système de séparation composé de billes magnétiques couplées à un anticorps contre CD133, permettra également l'identification de molécules impliquées dans le phénotype infiltrant des tumeurs cérébrales, afin de les cibler plus efficacement.
On sait maintenant que la croissance de plusieurs types de cancers n'est pas seulement due aux cellules cancéreuses elles-mêmes mais également à la participation des CSCs responsables aussi de la récidive tumorale. À la lumière de l'identification des CSCs, nous pouvons désormais envisager tester et valider les nouvelles thérapies anticancéreuses dans des modèles beaucoup plus adéquat et permettant de cibler spécifiquement la contribution des CSCs CD133(+). Les futurs découvertes paveront la voie à un ciblage spécifique des CSCs permettant d'identifier les molécules thérapeutiques de façon plus efficace tant en clinique qu'en recherche fondamentale, et menant à l'élaboration de nouvelles stratégies de traitements contre les tumeurs cérébrales.
[1] Annabi B, Rojas-Sutterlin S, Laflamme C, Lachambre MP, Rolland Y, Sartelet H, Béliveau R. (2008) Tumor environment dictates medulloblastoma cancer stem cell expression and invasive phenotype. Mol Cancer Res. 6, 907-916.




